Qualité Web : pourquoi faut-il s’en soucier ?

Et oui, en vrai. Pourquoi ? L’important c’est que cela marche, non ? So 90’s… Aujourd’hui, nous avons tous les outils nécessaires pour faire notre travail, et le faire bien. Mais finalement, la qualité Web, c’est quoi ?

« La qualité Web est l’aptitude d’un service en ligne à satisfaire des besoins explicites ou implicites. »

Qualité Web : les bonnes pratiques pour améliorer vos sites

Au-delà de cette définition tirée du livre de Temesis, bon nombre d’aspects de notre métier ont attrait à la qualité Web :

  • L’accessibilité
  • La sécurité
  • La performance
  • L’UX
  • L’ergonomie
  • Les tests
  • La documentation
  • etc.

Cette notion de qualité est accessible à tous, et est à prendre en compte en amont des projets.

Penser « qualité »

Quels sont les objectifs de nos projets ?
On souhaite fournir au client une solution accessible, performante, maintenable et évolutive. Une solution qui réponde à ses attentes. Pour cela, il faut souvent trouver les bons compromis.

Vous le voulez comment votre projet

Vous le voulez comment votre projet – http://blog.auditoire.com/?p=8731

Car la plupart du temps, un discours s’engage avec le client qui souhaite un projet rapide, pas cher, et de bonne qualité. Malheureusement, à part dans le monde des Bisounours, cela n’existe pas.

Pas toujours un mauvais bougre, le client. Il s’avère juste que, souvent, très souvent même, il ne sait pas ce qu’il veut.

Être à l’acoute

Faire de la qualité, c’est aussi être à l’écoute. Au-delà de la vente des prestations, nous avons un rôle de guide, de conseiller. Il faut faire réfléchir le client, comprendre et surtout LUI faire comprendre ses véritables besoins. Combien de fois vous a-on déjà demandé un site Web qui faisait le café (à livrer pour hier) ?
Nous devons poser les bonnes questions, lever les doutes, susciter des interrogations chez le client, afin d’être sûr d’aller tous dans la même direction. On évite ainsi des allers-retours inutiles, et des frustrations des deux côtés à mesure du projet. (« Tiens, c’est pas comme çà que je l’imaginais » dit le client).

C’est aussi l’occasion d’aborder les contraintes technologiques. Cette étape est importante, car elle permet de définir un périmètre d’action, et de responsabiliser le client quant au choix de ses priorités. De plus, en lui expliquant (en surface) le pourquoi de ce qui est possible ou non, vous participez d’une certaine manière à sa montée en compétence en matière de numérique !

L’indispensable pour moi, c’est quoi ?

Une fois que le projet est lancé sur de bonnes bases, nous pouvons attaquer le job. Chaque corps de métier, chaque acteur doit être impliqué dans votre démarche de qualité.
Attention, n’allez pas leur imprimer l’intégralité des référentiels Opquast ou du RGAA. Trop d’informations tue l’information, et cela n’aura pour effet que de fruster les équipes, leur donnant l’impression d’un travail long et inatteignable. Qui ne sera pas fait, donc.

Au contraire, commencez petit. Demandez-vous ce qui est, pour vous, indispensable dans une démarche qualité. Préparez des checklists simples, pour chaque corps de métier. Cette checklist, adaptée au niveau de formation de vos équipes, grandira d’elle-même. Certains points seront traités automatiquement, et à mesure de la montée en compétence de l’équipe, de leurs propositions, vous ferez évoluer cette liste, aboutissant à un travail toujours plus qualitatif.

Cela servira de fil conducteur tout au long du projet, donnant un sentiment constant d’avancée. Finies les corvées du favicon ou de la 404 à la fin du projet la veille de la mise en prod, finie la corvée d’optimisation des images ou de la compression des scripts directement en prod. (Oui, ne vous cachez pas, vous l’avez déjà fait !)

Produire « qualité »

Pour produire de la qualité, il faut responsabiliser les acteurs du projet. Tous les acteurs. Les sensibiliser à l’importance de la démarche, les impliquer dans les phases de réflexion, écouter leurs suggestions. C’est un travail formateur et gratifiant.

Au besoin, on dispose d’ouvrage très complets, et les professionnels sont toujours prêts à vous donner un coup de main via les réseaux sociaux (via Twitter notamment).

La qualité du code

C’est au coeur de la prod. Et c’est aussi là que l’adage des années 90 « l’important, c’est que çà marche », n’a plus aucun sens.

« Programs should be written for people to read, and only incidentally for machines to execute. »

Structure and Interpretation of Computer Programs. Abelson et Sussman

À l’heure où l’open source prend de plus en plus d’ampleur, Captain Obvious vous révèle un secret : on code pour les autres !

Pour un projet perso, cela permet à d’autres développeurs de participer, d’améliorer, de faire évoluer le projet. Dans une agence, c’est une garantie pour l’avenir. Que faire si le développeur qui a bossé sur le projet s’en va ? S’il doit passer sur un autre projet ? Si on doit faire appel à un freelance pour reprendre le bébé ?

Quelques bonnes pratiques apparaissent donc comme indispensable :

  • Respect des normes et des standards
  • Travail sur l’accessibilité
  • Code commenté et testé
  • Utilisation de noms de variables / fonctions explicites
  • etc.

On assure ainsi au mieux la pérennité du code et sa maintenance, pour soi ou pour les autres, tout en mettant, grâce au respect des standards, toutes les chances de son côté quant à la compatibilité maximale des solutions développés avec les outils existants (navigateurs notamment).

L’objet de ce billet n’étant pas d’établir une liste définie d’outils, je citerai donc juste rapidement le validateur W3C, à nouveau les checklists Opquast, le WCAG, les tasks runners, etc.

La qualité de la documentation

Un code documenté est un code pérenne et maintenable. Il permet d’ailleurs parfois de se poser des questions en amont du développement. À ce sujet, je ne saurai que trop vous conseiller le talk de Thomas Parisot qui aborde l’idée du README Driven Development.

Une bonne documentation précise par exemple le contexte, l’objectif, les sources, donne des exemples concrets. Pour qui, pourquoi, comment…

La qualité, ca coûte cher (?)

Un client vous dira souvent qu’il ne veut pas payer pour un site de qualité, et il a raison. Un site se doit d’être de qualité (on passera sur cet aspect lorsque c’est le neveu du prof de techno qui développe…).
Quand on achète une voiture, on s’attend à ce qu’elle roule, pas uniquement à ce qu’elle ait 4 roues et une carcasse en taule.

Cela doit donc devenir une habitude, une démarche normale et automatique : faire de la qualité.
Et entre nous, rassurez-vous : les coûts réduisent très rapidement.
L’idée étant de capitaliser sur ces projets, et d’automatiser les process. Ainsi, d’un projet à l’autre, vous n’aurez plus besoin de chercher les directives htaccess pour activer la compression GZIP ou activer la mise en cache : vous avez déjà créé ce même fichier dans un projet précédent, en suivant votre checklist !

Et çà me rapporte quoi ?

Et bien, pas mal de choses finalement.
Pour vous ou votre agence, vous gagnez en process, en efficacité. Vous avez rapidement une meilleure image.

Les équipes montent en compétence et se trouvent valorisés par cette démarche. Les acteurs sont partie intégrante de projet, sont force de proposition, et produise un travail de plus en plus qualitatif, dans un contexte d’amélioration continue.

L’utilisateur final y trouve aussi son compte. Votre solution est performante, accessible, documentée.

Enfin, le client est satisfait et fait la plupart du temps des économies.

Éviter les ecueils

Comme pour tout, il y a un moment où il faut savoir s’arrêter. C’est le principe de la loi de Pareto.
80% des exigences peuvent être atteintes aisément. Les 20% restants dépendent de facteurs multiples, et demandent beaucoup plus de temps. Or, c’est le facteur temps qui coûte dans nos métiers. Ce surplus de temps pour gérer les 20% vaut-il le coup ? Le client, l’utilisateur final en seront-ils plus satisfaits ? Ai-je les ressources pour les gérer ? Si je les gère, est-ce au détriment des services, du contenu ?

Si nous faisons appel à des services tiers (pubs, widgets sociaux, RSS) et que nous ne pouvons pas influer sur leur qualité, s’en priver n’enlève-t-il pas de la valeur ajoutée à la solution ?
Comment gérer la qualité lorsque l’utilisateur peut créer du contenu ?

Autant de questions à se poser, et que développe très bien Elie Sloïm sur OpenWeb : Conformité, validation et sursqualité et qui vous aideront sans doute à trouver la bonne limite.

Mangez-en

Les gains sont évidents. Faites de la qualité. Faites-le même si vous êtes seuls à y croire dans l’équipe, même si on vous soutient que c’est du temps perdu. Faites-le pour la satisfaction du travail bien fait, la montée en compétences, l’amélioration continue.

La qualité Web c’est bon, mangez-en !

PS : Liens utiles

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